Récit (partie 1/2): Avant le départ
lun 23 mars 2009 par Dams
Novembre 2007, France. Depuis de nombreuses années, nous rêvons d’aller faire un tour sur la rivière Chuluut que nous avons découverte au hasard d’une émission consacrée à la pêche en Mongolie. La nature préservée, les paysages de steppes magnifiques, la faune et la flore vivant autour de la rivière, tout nous attire vers cette région. Mais surtout ce peuple à la civilisation millénaire nous fascine. Il vit en osmose avec cet environnement auquel il s’est adapté. Pour preuve, l’architecture de la yourte mongole n’a pas changé depuis 600 ans. Nous ne savons pas ce que la vie nous réserve mais nous sommes conscients que nous sommes tous les quatre disponibles pour ce voyage et que de nombreuses années peuvent s’écouler avant que l’occasion ne se représente. Notre décision est prise. Nous partons à l’aventure en Mongolie. Cette aventure va consister à descendre en canoë et en autonomie complète la Chuluut et une partie de la Selenge sur environ 400kms. Nous souhaitons consacrer notre temps à naviguer, pêcher et rencontrer les populations nomades vivant au bord de l’eau. Ces populations ont, ces dernières années, été durement touchées par des épisodes climatiques exceptionnels. La séchéresse et les tempêtes hivernales ont eu raison de quatre millions de têtes de bétail. A l’échelle d’un pays comptant trois millions d’habitants, cette perte est très lourde. C’est pourquoi, nous souhaitons apporter un modeste coup de pouce à ce peuple en appliquant au sens propre la maxime de Confucius “Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson”. Ainsi tout au long de notre itinéraire, nous distribuerons du matériel de pêche et les conseils qui vont avec.
Hiver 2007 - Printemps 2008, France. Au cours de la préparation de l’expé, nous devons répondre à de nombreuses questions dont les deux principales sont les suivantes: Comment se déplacer sur la rivière ? Comment pêcher ?
Pour ce qui est de la première, à part quelques sorties rafting sur les rivières pyrénéennes, nous n’avons jamais donné un coup de pagaie. Il faut ajouter que nous n’avons pas de topo et qu’il n’existe à notre connaissance aucune trace sur le net de personnes ayant navigué sur cette rivière. “Vous devez annuler ce projet. C’est de la folie” Tels sont les premiers mots d’un professionnel reconnu dans le milieu du canoë kayak que nous avons l’occasion de rencontrer. Forcément ça fait réfléchir. Nous sommes probablement inconscients mais pour nous faire renoncer à ce projet, il en faut davantage. D’autant que deux rencontres majeures se sont produites. La première a lieu grâce au magazine Carnets d’Aventures. Il se trouve que deux personnes ayant publié un article, Magali Antic et Christophe Marcellino, ont longé cette rivière en VTT. Leurs informations se révèlent précieuses. La deuxième rencontre concerne un autre professionnel du canoë kayak qui nous forme avant le départ. Il va dans notre sens, l’absence de topo correspond bien à cette recherche d’aventures qui nous pousse à partir.
Nous sommes pêcheurs à la mouche et pour répondre à la question “Comment pêcher ?”, nous décidons de fabriquer nous-mêmes les leurres que nous utiliserons. Pour cela, nous habillons des hameçons nus de poils de chevreuils. Quelques coups de ciseaux et nous obtenons des imitations de sauterelles et de souris. Toutes deux semblent abonder dans les steppes mongoles. Après quelques inévitables péripéties, nous sommes prêts à partir. Enfin.