Topo: Navigation sur la Chuluut
mer 15 octobre 2008 par Dams
Matériel emporté
Le canoë comme moyen de locomotion est une solution qui s’est naturellement imposée à nous compte tenu de la difficulté à progresser sur les rives de la Chuluut, de la quantité de matériel emporté et du degré d’autonomie choisi (un mois d’autonomie complète).
Comme vous pouvez le lire dans l’article « Choix et essai de notre canoë », nous sommes partis en Mongolie avec deux canoës gonflables biplaces de marque Gumotex (modèle Baraka). Cette embarcation peut supporter 350 kg de charge et franchir des rapides de classe IV. Malgré les agressions de la roche et des matériaux pointus dans la rivière, nous n’avons pas crevé et la membrane des canoës n’a pas été endommagée. Pour sa propulsion, nous avions des pagaies simples démontables (deux brins). De façon à être protégés de la température de l’eau et des chocs en cas de baignade forcée, nous étions équipés de combinaisons néoprène intégrales, de casques et de bottillons. Au moins sur la partie amont de la rivière, celle comportant le plus de rapides, nous portions des gilets de sauvetage.
Au cas où le bateau se retournerait, il nous fallait arrimer solidement les bagages à celui-ci. Nous avons pour cela utilisé de la corde, des noeuds auto bloquants réglables et des mousquetons d’escalade. Chaque bateau s’est retourné à deux reprises, le système d’arrimage a parfaitement fonctionné. Nous disposions également chacun d’une corde de sécurité pour récupérer une personne en difficulté.
Enfin, nous avons emporté une balise GPS SPOT. Cette balise permet d’envoyer trois types de messages:
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« Ok »: pour indiquer que tout se passe bien. C’est ce que nous avons utilisé pour transmettre notre progression à la famille et aux amis restés en métropole. Il a permis de réaliser en temps réel la page d’avancement ci-dessous.
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« Aide »: pour demander une intervention extérieure. Nous avons utilisé ce message pour signaler à notre chauffeur habitant Oulan Bator que nous étions arrivés à la fin du parcours.
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« 911 »: pour une demande de secours. Ce type de message est à envoyer lorsque la vie d’une personne est en jeu.
Quelque soit le type de message envoyé, la position exacte de l’émetteur est transmise. Le dispositif SPOT a un défaut, on n’a aucune confirmation que le message a bien été envoyé.

Pour la protection du matériel, nous avons emporté des sacs étanches SealLine gear et Gumotex. Si nous avons été déçus par les sacs Gumotex, les sacs SealLine gear sont d’excellents produits alliant résistance et étanchéité.

Itinéraire suivi, Topo
D’après les informations que nous avons obtenues sur place, la partie de la Chuluut en amont de sa confluence avec la Suman n’était pas navigable à ce moment-là. Nous avons donc débuté notre itinéraire quelques kilomètres en aval de cette confluence. Notre point de sortie était situé sur la Selenge, principal affluent du lac Baïkal, au niveau du village de Naryin.
Cet itinéraire représente environ 350 kms de rivière qui s’écoule de 2000 à 1400m d’altitude. Il peut être divisé en trois portions:
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Le canyon de la partie amont
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Le relief montagneux de la partie médiane
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Les « plats » et les confluences avec l’Ider et la Selenge de la partie aval
Le lit de la Chuluut est formé de roches basaltiques. La région a eu une activité volcanique intense par le passé. Cette roche est très abrasive et par conséquent dangereuse pour nos embarcations.
Sur toute la longueur de notre itinéraire, la Chuluut s’écoule en décrivant de très nombreux lacets. La progression à vol d’oiseau est donc très différente de la progression réelle. Lors de nos randonnées, nous pouvions voir les bivouacs passés et ceux à venir.

Sur ces 350 km, nous estimons que la plupart des rapides sont de classe II avec quelques rapides de classe III. Nous avons « cordelé » pour le passage de ces derniers, c’est à dire que nous avons guidé nos canoës depuis la berge à l’aide de cordes. Nous n’avons pas eu à réaliser de portages.
Beaucoup de blocs dépassent ou affleurent de l’eau dans le canyon et la partie médiane, de ce fait, les parcours sont manoeuvriers.

A part dans la zone aval, nous avons vu peu de branches et de souches dans l’eau.
Suite à un orage, la rivière se teinte pour quelques jours mais le niveau d’eau ne monte pas de façon sensible.
En ce qui concerne la population nomade, elle est de plus en plus nombreuse au fur et à mesure de la descente. Il nous arrivait d’apercevoir un cavalier par jour dans la partie amont, alors que nous voyions plusieurs yourtes tous les jours dans la partie aval.
Hormis quelques plats sur la fin du parcours, le courant est régulier et permet une vitesse de 5 à 6 km/h. Nous naviguions en moyenne 2 heures par jour ce qui nous laissait pas mal de temps pour les rencontres, les randonnées et bien sûr la pêche.

En résumé, la rivière ne présente pas de difficultés insurmontables pour des céistes ayant un niveau intermédiaire. De ce point de vue, elle pourrait être décevante pour des gens recherchant des sensations fortes. Les dangers rencontrés sont:
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l’isolement, pas de villages ni de routes sur la plupart du parcours
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la difficulté à sortir du canyon en cas de problème
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l’abrasivité de la roche
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les manoeuvres dans les champs de blocs rendues délicates par l’inertie du canoë chargé
Bilan
La navigation sur la Chuluut a été un plaisir et une réussite. Elle nous a permis:
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d’atteindre des zones pratiquement inaccessibles sans bateau
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d’apprécier les paysages et de les regarder défiler, la rivière n’étant pas, la plupart du temps, difficile techniquement
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de transporter l’ensemble de notre matériel et notre nourriture pour un mois
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de faire connaissance avec la population locale très étonnée de voir arriver des gens par la rivière et heureuse de faire un tour sur nos bateaux

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