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Juin 2010. Un an s’est écoulé depuis que Fred et moi sommes arrivés au Canada. Nous passons les dernières semaines chez nos amis Chris et Hannah du Blackfish Lodge. Nous avons juste le temps d’attraper les premiers saumons qui reviennent de la mer de Béring au large de l’Alaska. Ils retournent sur leurs rivières natales pour se reproduire et mourir.
Comme les saumons, il est temps pour nous de revenir sur notre terre natale, la France. Pour s’y reproduire, on ne sait pas et pour mourir on n’espère pas tout de suite.
On rentre avec l’impression d’avoir vécu une vie en un an, la tête remplie de souvenirs des rencontres, des paysages et de la faune de ce fabuleux pays.
Juin 2011. Un an jour pour jour après avoir quitté le Canada, me voici à nouveau à ses frontières, sans Fred cette fois-ci. Nico me rejoindra dans un mois. La première difficulté cette année consiste à convaincre les douaniers de me laisser pénétrer sur le sol canadien.
« Vous n’avez que quelques dollars sur vous. Vous construisez des maisons en rondins mais vous avez fait des études d’ingénieur aéronautique à Montréal. En plus de ça, vous dites que vous venez de France jusqu’à la côte Pacifique du Canada pour une durée de deux mois pour… la pêche ! Ca n’a aucun sens.» suivi de: « Comment peut-on passer tant de temps sans travailler ? » C’est la rengaine habituelle des douaniers canadiens et américains qu’on a entendue à Vancouver comme au poste de frontière de Skagway en Alaska.
Après avoir été interrogé par deux douaniers différents, l’un d’eux disparaît pendant un bout de temps avec mon passeport. L’attente est angoissante. Depuis un an que je prépare ce voyage avec Nico, on a essayé de penser à tous les problèmes possibles concernant la pêche, les bivouacs, les ours, … Mais on a certainement pas prévu d’annuler ce trip à cause de fonctionnaires canadiens de Vancouver qui sont surpris qu’on puisse s’intéresser à autre chose qu’aux grandes métropoles d’Amérique du Nord.
Finalement, il revient et me tend mon passeport accompagné d’un glacial: « Vous pouvez y aller. »
Cette fois, l’aventure commence enfin. Lire la suite »
Dans le Nord, en Fevrier, l evenement phare est la Yukon Quest, une course de traineaux a chiens sur 1600kms entre Fairbanks en Alaska et Whitehorse au Yukon. Les premiers terminent avec le temps incroyable de 9 jours et quelques heures.
C est le lendemain de l arrivee de la course, qu Ithu nous rejoint pour quatre semaines. Dans ses valises, il a reussi a trouver une petite place pour deux bouteilles de Ricard, histoire de feter nos retrouvailles. On en profite pour lui faire decouvrir la gastronmie locale: steaks de bisons sauvages. La suite est un peu plus brutale, puisque le lendemain de son arrivee, nous partons pour 3 jours de randonnees a skis sans tente. A chaque bivouac, il nous faut construire un matelas en branches d epicea. C est une vieille technique qui permet d etre bien isole de la neige, d etre confortable et d apprecier pendant la nuit la bonne odeur du resineux fraichement coupe. Une bache tendue au dessus des duvets nous protegent d eventuelles chutes de neige. Ithu en profite pour apprendre une regle importante en camping d hiver: toujours aller pisser avant de se mettre au lit. Parce que sortir du sac de couchage en calecon par -17C, c est le genre de connerie qu on ne fait qu une fois.
Toutes les images associees a cet article se trouvent ici. Les photos de caribous sont de Fred, le franco-canadien.
Apres notre retour de la riviere X, nous avons passe quelques semaines supplementaires au Blackfish Lodge. Grace a Chris, nous avons pu pecher des spots de l au-dela pour la truite cut-throat et le saumon coho. A ces occasions, la saison du saumon etant bien avancee, nous avons vu des rivieres remplies de saumons en train de se reproduire, d agoniser et de pourrir. L odeur est vraiment nauseabonde mais le spectacle est grandiose. Les aigles ripaillent. Les mouettes ne mangent plus que les yeux. Les ours s engraissent avant d hiberner. Le saumon est veritablement la cle de voute de tout cet ecosysteme.
Nous sommes au Canada pour un an et il est temps pour nous de voir ce qui se passe dans le grand Nord, au Yukon. Apres avoir dit au revoir a Hannah et aux enfants, Chris nous ramene a Port McNeill. Sur le trajet en bateau, on assiste au spectacle des baleines a bosse et des orques. Lire la suite »
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“C’est pas possible ! Je le crois pas !”. Tels sont les mots de Fred apres avoir mis au sec un saumon chinook de 1m06 pour plus de 15kg sur un affluent de la riviere X. Des reves de pecheurs nous ont conduit en Colombie-Britannique.Ils se sont realises.
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Voici un petit recit de nos aventures apres 3 semaines au Canada.Commencons par le commencement…Apres des adieux emouvants, nous partons d Andoins le 21 juin. Nous sommes partages entre tristesse de laisser nos familles et nos amis derriere nous et joie d etre au debut de ce reve… ou pas, seul l avenir nous le dira.Le depart de Toulouse est un peu difficile car la cage d Anko, le chien de Fred qui nous accompagne dans cette aventure, est trop grande pour la soute. Pas de panique, le prochain vol pour Francfort se fait dans un avion plus gros et nous arrivons a prendre notre correspondance pour Vancouver. Apres 12h de vol, nous posons les pieds en Colombie-Britannique ! Lire la suite »
1er août 2008, Oulan Bator, Mongolie. Après avoir récupéré notre matériel et acheté du riz et des nouilles pour un mois, nous quittons la capitale pour nous enfoncer dans les steppes à bord d’un van. Le contraste avec la capitale est saisissant. La circulation anarchique, l’air pollué et l’architecure soviétique ont laissé la place aux immensités d’Asie centrale. Nous nous retrouvons rapidement dans des décors de cartes postales avec ici et là des yourtes, des cavaliers, des troupeaux. Nous montons les tentes pour la nuit à la sortie de Karakorum, l’ancienne capitale du plus grand empire ayant existé, l’empire mongol. Après une visite du mausolée de Gengis Khan, nous reprenons la piste. Il n’y a ni croisements, ni panneaux indicateurs, ni bornes kilométriques. Au fur et à mesure que nous approchons, le doute s’installe. En deux jours, nous n’avons vu couler qu’une seule rivière, les autres ont leurs lits à sec. D’autre part, notre chauffeur n’est jamais venu dans le coin et les indications recueillies auprès des personnes croisées quant à la route à suivre se contredisent. Nous faisons le point avec notre GPS et avec une bonne approximation sur notre carte de Mongolie au 1:2 000 000, nous roulons au jugé.
Enfin, une large cicatrice qui traverse la steppe apparaît au loin. Après des mois de préparation, elle est là, sous nos yeux. La Chuluut coule, majestueuse, au fond de son canyon. Cette image est inoubliable, elle correspond à l’instant où le rêve devient réalité. Passé ce moment d’euphorie, nous déchargeons tout le matériel au fond du canyon. Notre chauffeur qui doit retourner à la capitale insiste pour ne pas nous laisser là. Il n’a jamais amené de touristes dans un coin aussi sauvage et surtout pour une durée d’un mois. Lui, cet habitant d’Oulan Bator n’a rien de commun avec les nomades vivant sous les yourtes. Il ne parvient pas à comprendre notre intérêt pour cette rivière. Après nous avoir écrit sur un morceau de papier les phrases “j’ai besoin d’aide” et “amenez moi à l’hôpital”, il accepte de partir et nous nous donnons rendez vous dans un mois, 400kms en aval. Le van disparaît à l’horizon. Nous sommes désormais seuls. Lire la suite »